LA GRANDE BATAILLE
Introduction
Loun regarda au loin, les cheveux dans le vent. Elle avait la tête haute et arborait fièrement son costume traditionnel des elfes du Nord. Elle avait le symbole de son peuple dans son cou, un aigle. Son arc était accroché à l'arrière, toujours prête. Tout le royaume de Gilbart était devant elle. Elle resta là, en silence à contempler chaque montagne, chaque cours d'eau, chaque plante. Ses yeux étaient plus puissant que les humains. Normal, c'est une des particularités des elfes.
Tout à coup, un bruit brisa le silence de l'après-midi. Un cri strident venant d'en bas de la falaise se fit entendre. Elle scruta l'horizon pour essayer de voir ce qui se passait. Elle vit quelque chose au loin. Une créature, elle ne saurait dire précisément. Après quelques minutes à fixer la chose, elle compris que s'était en fait un phénix. Il se débattait et on voyait les larmes couler à travers ses plumes rouges et ors. Il y avait à côté de lui, un vieux combattant du Mal. Valtir, celui qu'elle avait déjà combattu dans une vie antérieur. Il était en train de blesser le pauvre phénix à grand coup de couteau! Loun ne pouvait rester là à regarder ceci sans intervenir. Elle prit son arc et une flèche. Elle visa avec précaution l'épaule gauche du criminelle. Elle la lâcha et la flèche alla se planter droit au but. Valtir vacilla un moment, comme surpris et assommer par la douleur. Elle en profita pour dévaler la pente à vive allure pour aller à côté de lui en un éclair, vu son agilité. Ses yeux verts, d'habitude si paisible, lançaient à présent des éclairs. Elle s'approcha encore plus près et sortie son épée de son fourreau.
Un combat entre Valtir et elle commença alors. Les coups et le bruit des lames se fracassant l'une sur l'autre résonna dans toute la vallée. Une coupure profonde dans le ventre, un épaule ensanglanté, tout les coups étaient permis dans cette bataille. Valtir brandit son épée et donna l'impression d'aller à gauche. Mais au dernier moment il alla vers la droite et coupa derrière le genou de la pauvre jeune elfe. Elle redoubla de fureur et lui donna un violent coup derrière la tête. Le combat avançait et semblait dépourvu de fin. Les deux combattants commençaient à être de plus en plus fatigués, particulièrement le vieux. Il tremblait de plus en plus et n'attaquait plus. Il ne faisait que se protéger, et encore. Son épée tremblait tellement que c'était plus par chance qu'autre chose qu'il était toujours vivant... Loun profita d'un souffle de sa part pour lui transpercer le bras droit juste en haut du poignet. Il vacilla une dernière fois avant de lâcher son arme à contre-c½ur. Par terre, il était entre la vie et la mort. Incapable de souffler ne serais-ce qu'un seul mot, il supplia Loun du regard de l'épargner. Sa voix intérieur lui disait d'en finir, mais elle détestait tuer. Elle planta son épée à quelques centimètres de son pied droit et murmura quelques mots audibles seulement par Valtir.
- La chance t'as sourit aujourd'hui. Je suis d'humeur sereine et je vais donc encore une fois t'éviter une mort certaine. Mais tu n'auras pas de troisième chance. Il ne faut quand même pas trop rêver...
Elle le regarda une dernière fois avec dédain avant de partir vers le phénix. Elle l'examina sous tout les angles du coin de l'½il quelques instants. Elle jugea qu'il serait capable de voler avec elle sur le dos jusqu'à l'herboriste du village, son amie, appelée couramment sorcière par certaines mauvaises langues. Elle grimpa élégamment sur son dos et ils s'envolèrent ensemble vers d'autres lieux. Valtir essaya de leur crier de revenir pour l'emmener avec eux, en vain.
Chapitre 1
L'avenir
Gilberte était debout, tranquille dans sa cuisine. Elle était en train de confectionner une nouvelle recette. Ce n'était pas la première fois qu'elle la testait. Mais, cette fois-ci, elle sentait que c'était la bonne. La potion devait en faite permettre aux plantes de pousser en quelques secondes à peine. Un peu de terre mauve, de la menthe, des ficelles du Nord et des tonnes d'ingrédients plus inoffensifs et surprenants les uns des autres. Tout à coup, des battements d'ailes se firent entendre. Gilberte releva la tête et jugea que la bête était encore assez loin. Mais le bruit était de plus en plus persistant. Un coup de vent gigantesque venant du côté de sa demeure lui confirma qu'une immense bête ailée venait d'atterrir. Elle accourue et poussa la porte à toute vitesse. Elle resta un moment figée sur place en voyant le phénix tout ensanglanté. Loun descendit alors en tout aussi mauvaise état. Gilberte pue enfin se ressaisir quelque peu.
- Par la barbe de Merlin! Que c'est-il passé? Qu'as-tu fait encore mon amie?
- Je ne me suis que battu avec ce vieux souc de Valtir pour sauver ce pauvre phénix. Il le blessait sans la moindre raison valable comme toujours.
Ses yeux lançaient toujours des éclairs mais le fait de voir son amie si surprise la fit sourire en coin un moment. Gilberte entra dans sa demeure. On entendit des bruits de chaises, des bouteilles qui s'entrechoquaient. La bonne vieille herboriste réapparue quelques instants plus tard avec tout ce qu'il fallait pour soigner les deux pauvres malheureux. Elle mit des bandages à Loun après avoir pris le soin de bien désinfecter les plaies. Le phénix, quand a lui, elle lui fit boire une recette secrète de son invention.
Tout cela terminé, il faisait déjà nuit noir sur le village de Comloube. Elles emmenèrent tout deux le phénix à la grange derrière la maison dans le grand champ et allèrent se coucher chez Gilberte au chaud. La nuit avança tranquillement, certes, mais avança tout de même. Il y avait un silence complet sur Comloube comme toujours. Ce qui permis à Loun de s'endormir sans s'inquiété.
* * * * * * * *
Il faisait encore sombre quand Loun ouvrit ses yeux verts. Elle s'étira et alla regarder par la fenêtre le lever du soleil. Un spectacle magnifique! Avec toutes ses couleurs et le sentiment de vivre avec le temps... Elle s'habilla rapidement, prenant une pomme au passage. Elle sortie et se dirigea vers la grange tout en la mangeant.
Elle ne savait pour qu'elle raison, mais elle avait le goût de courir. Elle écouta donc son c½ur et partit à la course vers la grange. Arriver elle poussa la porte sans grande misère. Elle donna son c½ur de pomme à Tistar, son cheval qu'elle gardait ici. Il était noble tout comme elle. Sa robe était d'un blanc incroyable. Ses yeux étaient perçants et son hennissement beau comme tout. Elle s'occupa quelques instants de lui avant de revenir vers le phénix. Elle le caressa et observa ses plaies. Il semblait bien que Gilberte est fait de l'aussi bon travail que d'habitude puisque la plupart des blessures étaient déjà partie. Elle jugea bon de le laisser se reposer encore aujourd'hui et que demain il pourrait attaqué les hauteurs de nouveaux.
Elle laissa le phénix se promener au soleil pour se dégourdir un peu. Quand à elle, elle grimpa sur Tistar et tout deux allèrent vers la forêt. Ensemble, ils étaient comme les étoiles et la lune; ils se complétaient. C'était beau à voir car très peu de personnes avait une aussi bonne complicité avec les chevaux. Ils allèrent donc se promener à travers plusieurs sentiers dans la forêt pour finir par aboutir près d'un cours d'eau. Loun laissa Tistar se reposer et elle en profita pour se tremper un peu les pieds. L'eau était glacial mais elle ne s'en soucia point. Ce qu'elle voulait, c'était un peu de solitude. Elle devait réfléchir...
Elle avait en faite atteint l'âge où on doit mener sa vie seule. Elle devrait quitter la demeure familiale bientôt et se faire sa propre vie ailleurs. Comme tout elfe qui a atteint ses 20 ans... Elle ne pouvait s'imaginer vivre seule un instant. Elle toujours dans l'action et en train de chercher de nouvelles aventures... Elle pourrait demander à Gilberte de l'accompagner au-delà des montagnes par delà la mer. Elle accepterais sûrement.
Oui, c'était décider! Elle irait là-bas avec sa meilleure amie. Ses pensées vagabondèrent encore quelques minutes. Soudain, un craquement retentit derrière elle. Elle se retourna rapidement. Quel ne fut pas sa surprise de voir un beau jeune homme musclé et au physique avantageux se tenir la tête haute derrière elle.
- Bonjour Dame...
- Loun. Je m'appelle Loun.
- Bien le bonjour Dame Loun. Je me promenait dans la forêt quand j'ai entendu des clapotis inhabituelles. Je dois dire que je m'attendait à un animal, pas une belle femme.
Il ria d'un rire beau comme le cristal. Loun rougit légèrement. Quelques instants, ils se regardèrent sans se dire mot. Un fil invisible semblait relier ses deux personnes. Loun se reprit enfin.
- Qu'est-ce qui vous amène par ici monsieur?
- Appelez-moi Frank, je vous en prie.
Il fit la révérence.
- En faite, j'étais venu chasser le gibier pour cette hiver. Et vous?
- Je pensais...
Voyant que Frank semblait vouloir à quoi elle pouvait bien penser, sans le demander pour ne pas paraître impoli, elle continua.
- Je pensais à mon déménagement. Je vais partir.
Ils se parlèrent encore pendant des heures, comme s'ils se connaissaient depuis toujours.